30.12.2007

Philippe Menestret

709693ef6b5d9663203c2d44e84510d9.jpgPourquoi je suis candidat aux élections du Conseil national

Tout d’abord, il va sans dire que je partage la profession de foi de notre liste. J’apprécie particulièrement la volonté d’équilibre affichée entre démocratie et responsabilité. Nous devons, certes, écouter les adhérents, tous les adhérents, et tenir compte de leurs avis mais si nous élisons des instances dirigeantes, c’est pour qu’elles aient un réel pouvoir de décision.

Si je suis élu, il s’agira pour moi de travailler à l’élaboration d’un projet national et ambitieux pour le Mouvement Démocrate.
Je pense que nous devons mettre sur pied une vraie troisième voie – qui sera en fait une deuxième voie – qui ne soit pas une version démocrate de l’idéologie libérale dominante et écrasante dont le versant sociétal est représenté par le PS (et même l’extrême gauche), et le versant économique représenté par l’UMP (et même l’extrême droite). Si nous voulons sortir de cette bipolarisation – qui est comme le plus et le moins d’une batterie qui fait tourner un seul moteur ou comme les deux profils inséparables d’un visage – nous devons, à mon avis, proposer une vision du monde qui soit en rupture totale avec le libéralisme basé sur la prépondérance de l’individu et de son égoïsme.
Avec les problèmes cruciaux d’environnement que nous subissons et qui ne vont cesser de croître, nous commençons, contraints et forcés, à remettre en cause cette philosophie héritée des Lumières soumise à la croyance aveugle dans le Progrès, à la sacro-sainte et illimitée liberté individuelle et à la seule fin (la rentabilité économique) qui justifie tous les moyens. Nous devons nous rendre compte que le capitalisme est un rouleau compresseur qui écrase toutes traditions, tout enracinement, toute solidarité ancienne au profit d’un nouveau perpétuel et d’un nomadisme sans attache. Certes, nous devons regarder vers l’avenir mais nous ne devons pas mépriser notre passé au cours duquel des hommes, et souvent ceux des classes populaires, ont su développer des rapports solidaires basés sur le don.
Le projet Démocrate devrait s’attacher à encourager tous ceux qui voudront travailler à élaborer une société où règneraient des conditions propres à encourager les rapports décents et moraux entre les individus, à « construire progressivement un «contexte» politique, social et culturel qui favorise indirectement les dispositions à l’égalité, l’entraide et l’amitié plutôt qu’à l’égoïsme ou à la guerre de tous contre tous », comme l’écrit Jean-Claude Michéa.
Mon projet est ambitieux. Certains le jugeront utopique. Mais, je crois que si nous voulons présenter quelque chose de nouveau, ce n’est pas en lorgnant du côté d’un blairisme à la sauce française (dont Sarkozy est finalement le chantre en France) que nous le trouverons.
Le projet démocrate mérite mieux si nous voulons redonner espoir à ceux que le libéralisme à la sauce UMP ou PS ne peut que décevoir.

Cette déclaration est tout au plus un appel. J’essayerai de le peaufiner au jour le jour. Et je compte énormément sur les contributions des adhérents.
Peut-être devons-nous nous poser en premier lieu la question de savoir si nous voulons faire du Mouvement Démocrate un parti libéral ou non. Ma réponse est très claire, vous l’aurez compris. Mais, je crois que cette question doit être au cœur de notre débat.

Philippe Menestret

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